14/09/2008

dimanche à blanc

je sors juste pour marcher un peu dans les rochers et je tombe sur john, on va visiter ses apparts, tous ses apparts, des dizaines de pièces, encore et encore, je m'aperçois dans la foulée que je suis moins amoureuse de son fils, je veux dire par rapports à la dernière fois où l'on s'est vu, de toute façon c'est une situation merdique vouée à l'échec depuis le début. je lui raconte mes rêves d'hier, hier j'ai dormi toute la journée, il y avait un scorpion à mon chevet, qui attendait que je tende le bras pour me piquer, la bipolarité est une paire de fesse, à gauche à droite, puis j'étais un homme habillé en femme, maquillé, j'arrivais à une table rectangulaire très longue avec des hommes qui mangeaient en silence, grande pièce, nappe blanche, parmi eux une femme, je m'approche, je la déshabille, je lui fait comprendre qu'il faut qu'elle s'en aille et je prends sa place, tout ça dans le calme. Puis mon meilleur ami qui est moi-même est un oiseau informe et blessé que je dois trimballer sur mon ventre quoi qu'il arrive. On me propose des ailes, j'accepte, on se dit lui et moi que l'on va s'envoler en direction du soleil, on est content et on se sent libre, on va vers le soleil mais j'ai des crampes et c'est vraiment difficile de voler tout en tenant mon oiseau sur mon ventre. Il me dit, prenons le train plutôt, ça sera plus facile, j'accepte même si l'idée d'être parmi d'autres voyageurs me déplaît parce que j'ai vraiment pris goût au fait de voler seule sans l'aide de personne, dans le train au bout d'un certain temps je me rend compte que nous allons vers la nuit, que le soleil est derrière nous mais c'est trop tard et l'oiseau me dit qu'il s'en doutait un peu. Je lui dit qu'on pourra faire le voyage demain, qu'on peut toujours se poser quelque part pour la nuit. Il me répond, et je le sais au fond, qu'il n'y a pas de demain. Mais je ne lui en veut pas, je le garde sur mon ventre, il s'incruste dans ma chair et disparaît. Je descend du train et marche sur une route noire.
Après John je tombe sur Philippe, il m'apprend que sa nouvelle copine est enceinte, je trouve ça bizarre, je me sens un peu mal à l'aise quand je n'ai pas envie de séduire quelqu'un, je ne sais pas trop vers quoi aller, mais je parle quand même, on rigole, mais je suis pas autant à fond que la dernière fois. Bon, je suis certainement malade mais je ne m'en rends pas compte. J'aimerais bien boire encore mais je n'ai pas de cigarettes, je lui dit que ça ne fait rien d'être avec des gens la plupart du temps, qu'avant ça me donnait des sueurs froides ou chaudes, comme ça pour rien, maintenant il faut réfléchir le truc, le travailler, lentement avec patience, et lui il me dit oui, il y a certainement des millions de femmes qui me conviendrait, je lui dit ne dit pas ça, il me dit je n'aime pas qu'on me dise ne dit pas ça. Il me donne du millepertuis. Je crois que le scorpion m'a piqué, marre d'écrire.

Commentaires

Hey!

Ecrit par : xxl | 19/09/2008

o lala xxl revient de très loin!!
bisous

Ecrit par : m | 28/09/2008

non, non, je suis juste à côté (à quelques clics). Ça va?

Ecrit par : xxl | 28/09/2008

L’autre jour j’ai vu John. Il marchait dans la rue. Un peu comme un zombie. La capuche enfoncée jusqu’aux yeux. Faut dire qu’il pleuvait. Aujourd’hui il fait beau. Ça change. L’autre jour j’ai vu John. Il avait l’air un peu perché, bien qu’assis à une terrasse. Il sirotait son demi, fumait des clopes. Je lui ai demandé du feu. Il n’a pas réagi. Alors je me suis assis et j’ai regardé avec lui. On matait les arbres sur l’île, en face. C’est l’automne. Une belle saison pour regarder les arbres.
Je cours souvent après John. Il est fuyant, impossible de le rattraper. Pourtant lorsque je le croise, il a l’air plutôt bien, détendu. Et puis hop. A peine je l’ai vu qu’il s’est déjà envolé je ne sais où. Sacré John. Je sais pas bien ce qu’il fout là. A vrai dire, je suis toujours étonné lorsque je le croise. Etonné de le voir en vie, étonné de le voir encore là, égal à lui-même comme on dit.
L’autre jour j’ai vu John. Il était en colère, super tendu. Il fumait clope sur clope, se rongeait les doigts et me jetait des regards noirs. Il m’a foutu les boules. Sa voix grave s’épaississait à mesure qu’il parlait, sans doute avait-il trop bu, je ne sais pas. Il faisait un gros pâté avec ses mots. Et il me disait : faites attention parce qu’un jour cette grosse boule de mots je vais vous l’envoyer en pleine gueule et là vous n’aurez plus qu’à vomir, vomir tous les mots et y’aura personne pour vous aider. Sacré John. Y’a des types comme ça on se demande vraiment ce qu’ils foutent là. Jusqu’au jour on ne les voit plus. Parce que ça nous arrive à tous ça aussi. Un jour c’est la nuit. Et hop là comme ça fini plus rien. Peau d’balle.

J’espère que ton oiseau va bien (il me plait ton texte, encore une fois). Bises.

Ecrit par : Troubody | 22/10/2008

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