01/06/2008

Il pleut et j'ai des courbatures

L’angoisse que je venais d’éprouver, je pensais que Swann s’en serait bien moqué s’il avait lu ma lettre et en avait deviné le but ; or, au contraire, comme je l’ai appris plus tard, une angoisse semblable fut le tourment de longues années de sa vie et personne, aussi bien que lui peut-être, n’aurait pu me comprendre ; lui, cette angoisse qu’il y a à sentir l’être qu’on aime dans un lieu de plaisir où l’on n’est pas, où l’on ne peut pas le rejoindre, c’est l’amour qui la lui a fait connaître, l’amour auquel elle est en quelque sorte prédestinée, par lequel elle sera accaparée, spécialisée ; mais quand, comme pour moi, elle est entrée en nous avant qu’il ait encore fait son apparition dans notre vie, elle flotte en l’attendant, vague et libre, sans affectation déterminée, au service un jour d’un sentiment, le lendemain d’un autre, tantôt de la tendresse filiale ou de l’amitié pour un camarade. Et la joie avec laquelle je fis mon premier apprentissage quand Françoise revint me dire que ma lettre serait remise, Swann l’avait bien connue aussi cette joie trompeuse que nous donne quelque ami, quelque parent de la femme que nous aimons, quand arrivant à l’hôtel ou au théâtre où elle se trouve, pour quelque bal, redoute ou première où il va la retrouver, cet ami nous aperçoit errant dehors, attendant désespérément quelque occasion de communiquer avec elle. Il nous reconnaît, nous aborde familièrement, nous demande ce que nous faisons là. Et comme nous inventons que nous avons quelque chose d’urgent à dire à sa parente ou amie, il nous assure que rien n’est plus simple, nous fait entrer dans le vestibule et nous promet de nous l’envoyer avant cinq minutes. Que nous l’aimons-comme en ce moment j’aimais Françoise-, l’intermédiaire bien intentionné qui d’un mot vient de nous rendre supportable, humaine presque propice la fête inconcevable, infernale, au sein de laquelle nous croyions que des tourbillons ennemis, pervers et délicieux entraînaient loin de nous, la faisant rire de nous, celle que nous aimons. Si nous en jugeons par lui, le parent qui nous a accosté et qui est lui aussi un des initiés des cruels mystères, les autres invités de la fête ne doivent rien avoir de bien démoniaque. Ces heures inaccessibles et suppliciantes où elle allait goûter des plaisirs inconnus, voici que par une brèche inespérée nous y pénétrons ; voici qu’un des moments dont la succession les aurait composées, un moment aussi réel que les autres, même peut-être plus important pour nous, parce que notre maîtresse y est plus mêlée, nous nous le représentons, nous le possédons, nous y intervenons, nous l’avons créé presque : le moment où on va lui dire que nous sommes là, en bas. Et sans doute les autres moments de la fête ne devaient pas être d’une essence bien différente de celui-là, ne devaient rien avoir de plus délicieux et qui dût tant nous faire souffrir puisque l’ami bienveillant nous a dit : « Mais elle sera ravie de descendre ! Cela lui fera beaucoup plus de plaisir de causer avec vous que de s’ennuyer là-haut. » Hélas ! Swann en avait fait l’expérience, les bonnes intentions d’un tiers sont sans pouvoir sur une femme qui s’irrite de se sentir poursuivie jusque dans une fête par quelqu’un qu’elle n’aime pas. Souvent l’ami redescend seul.

Commentaires

et maintenant je suis malade comme un chien, ce qui me permet quand même de lire Proust d'une manière très intéressante, tout n'est pas perdu.

Ecrit par : m | 02/06/2008

j'aurai quand même pu éviter de marcher sous la pluie ces derniers jours, j'ai vu les vagues rouges derrières mes yeux qui montaient montaient mais j'ai eu peur et elles ont fuient vers le ciel lourd et blanc, un échange électrique peut être

Ecrit par : m | 02/06/2008

rêve qu'un bébé se transforme en mouche et comme il y en a partout dans la pièce je ne sais plus quelle mouche au juste est le bébé, ma mère me dit qu'on s'en fout, grand couloir plein de pièce, M dispose des objets par terre, il a déjà tué beaucoup de filles moins dociles que moi, j'attends à ses côtés, sagement, il place des électrodes sur mon sexe et envoie des impulsions électriques, ça fait très mal, il fait nuit, dans une pièces toute de verre au milieu de la ville, des plants de carottes poussent à même le carrelage, je scrute l'horizon, des filles nues à la peau très blanche sur des bancs de sable, grain numérique vaporeux, ma gorge me fait très mal

Ecrit par : m | 02/06/2008

il y a un décalage que je ne peux rattraper entre ce que je pense, ce que je veux et ce que je fais. je prends un peu d'aspirine. je suis tombée sur un ami, on a bu on a fumé parlé il est parti et je suis seule. je peux enlever ce que je veux, je ne fais rien et parfois je pense quand je regarde ces danseurs maliens et cette femme aux grands yeux qui parle

Ecrit par : m | 14/06/2008

nom d'une pipe en bois je suis trop défoncée

Ecrit par : m | 14/06/2008

certainement j'ai envie de planter là mon corps inerte, celui en plomb et de m'escapader tel un mousquetaire sous acide rejoindre la nuit à la ligne d'horizon et enfin l'embrasser

Ecrit par : m | 14/06/2008

mais la voix de la raison étudiant scrupuleusement tout les paramètres moribonds me dit: "non".

Ecrit par : m | 14/06/2008

je peux toujours poser là mes intentions à la banque centrale des ambitions malheureuses attendant qu'elles prennent de la valeur ou la poussière, coterie en bourses de la nonchalance anonyme (on me dit tais toi, ce que fais depuis le début, n'aurait-on rien saisi une fois de plus au nœud sacré du dialogue?)

Ecrit par : m | 14/06/2008

bronski beat smalltown boy

Ecrit par : m | 14/06/2008

the occult space race
ça peut encore passer par mes yeux
je finis la journée avec un 2 sur 20 niveau tolérance oreillère

Ecrit par : m | 14/06/2008

Razors pain you
rivers are damp
acids stain you
and drugs cause cramp. Guns aren't lawful
nooses give
gas smells awful
you might as well live.

Ecrit par : m | 16/06/2008

Ultimatum
Je suis lasse des amours lassantes, mon ami
Des doutes et du mauvais sang;
Avant d’amorcer, voyons où ça finit,
Et peut-être ferai-je sans.
Il n’y a pas de pincement qui vaille tant de misère
Et je refuse les nuits d’insomnie
Alors de deux choses l’une, mon cher
C’est non ou bien c’est oui!

La table est prête, montre tes cartes
Et si elles augurent du chagrin,
Je te présenterai mes meilleurs égards
Et fuirai par le premier train.
Je n’ai pas la force d’être au désespoir
Mon coeur doit aimer pour de bon-
Alors de deux choses l’une, mon gaillard,
C’est oui ou bien c’est non!

Ecrit par : m | 16/06/2008

Pourquoi pas lui pourquoi pas un autre
puis qu'il est là a la place de l'autre
alors oui j'ai dit oui
je lui ai dit oui comme si j'avais dit oui
à l'autre
celui que je suis

Ecrit par : m | 27/06/2008

Le Los Angeles Times rapporte[16] que L. Ron. Hubbard a écrit qu’il y a 75 millions d'années notre univers fut organisé en une Confédération galactique de 76 planètes, dirigée par le tout-puissant seigneur galactique Xenu. Xenu aurait fait expédier sur Terre par fusées - ressemblant à des DC-8 - les 13,5 trillions d'habitants, les aurait mis dans des volcans, aurait fait exploser d'énormes bombes H et aurait ensuite soudé ensemble ces âmes désincarnées, qu'il appelle des « thétans de corps ». Les humains ne seraient donc pas seuls dans leur corps mais seraient composés d'eux-mêmes et de milliers de ces âmes parasites. Par ailleurs, il faut environ 200 000 euros pour apprendre à se débarrasser de ces « thétans de corps»

Ecrit par : m | 24/07/2008

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